The Winner and the Golden Boys

Comment faire une peinture qui dise quelque chose de son temps ? .J’aime la figuration narrative pour cela.

The Winner and the Golden Boys est une mise en image du mythe néo-libéral « If you want it you can have it » et, vite, si possible. Ces injonctions à se réaliser sont monnaies courantes. Soi toi même, j’en passe et des meilleures. Comme si c’était aussi simple. Et c’est, par ailleurs, culpabilisant.

Les jeunes vivent, me semble-t-il, une pression permanente relayée par les réseaux sociaux. Etre liké, être le plus fun, être le plus drôle, être le plus beau ou la plus belle. Narcissisme, ces selfies quotidiens ou aliénation violente ?

Le personnage central a un coté Wald Disney tout comme il peut symboliser la transcendance, le spirituel …il faut avoir un peu d’humour. Les étoiles et le panneau supérieur sont suffisamment kitch pour le rappeler.

Sur la forme, j’avoue que j’aime beaucoup le triptyque. Il y a un coté rébus qui laisse la possibilité de dire sans être trop explicite, malgré tout. Il y a un coté baroque, voire kitch ou pop art. Ce triptyque est né du projet d’exposition à la Chapelle Saint Florentin d’Amboise. Concevoir une œuvre pour un lieu est une démarche intéressante. Une église est un lieu de spiritualité et une œuvre architecturale qui transcende le simple humain que nous sommes au delà de toute considération religieuse. Contraste entre l’envol et les semelles de plomb, d’or pardon.

Le 3 mai 2023

Exposition au Carroi des Arts de Montlouis sur Loire du 2 au 13 juin 2021

La peinture est, pour moi, une mise en scène. L’émotion naît de la confrontation avec le visage de l’autre, de cet autre qui me regarde. Un portrait est un roman à lui tout seul. Que me dit ce regard ? Que me dit ce corps ? Comment mettre en image cette émotion subtile qui vient m’habiter face à ce « celui-là », à ce moment précis où nos regards se croisent ? La peinture est le fruit de la transcendance, de la sublimation du rapport ému, empathique, désirant et tendre, bien plus complexe que la simple fascination de la beauté plastique. En ce sens, mes portraits sont des icônes.   

Article de la Nouvelle République relatif à cette exposition

Interview de Radio Active relative à mon exposition.

D’autres artistes que vous pourriez aimer

Il ne m’est pas possible de lister tous les artistes que j’affectionne car cette liste serait longue, trop longue. Ils ou elles pratiquent la peinture, la sculpture, le pastel, la photographie, …Leurs styles peuvent être différents, voire très différents, mais n’est-ce pas la diversité des émotions qui contribue à rendre la vie passionnante. J’aime leur travail et pour la plupart j’ai soit la chance de pouvoir les fréquenter soit de les avoir croisés un jour, à vous de voir.

Patrick Gerbier Photographe de nus masculins

http://www.gerbier.net/

Agathe Avène peintre et pastelliste

https://agatheavene.wordpress.com

Truong Tan peintre performer céramiste  qui partage sa vie entre Paris et Hanoï

https://www.guggenheim.org/map-artist/truong-tan

Daniel Barkley  peintre

www.danielbarkley.com

Cet artiste est représenté par la Galerie Dominique Bouffard espace 508, 372 rue St Catherine à Montréal

Bénito Valadié peintre qui partage sa vie entre Cuba et la Guadeloupe

https://facebook.com/benitovaladie

Bruno Walpoth sculpteur sur bois anglais

https://www.walpoth.com

Mark Horst peintre américain

https://www.markhorststudio.com

Ma démarche

Mes préoccupations

De ces différents enseignements, au-delà des apprentissages techniques, j’ai conservé deux préoccupations permanentes :

  • Celle de ne pas trop en faire, que ce soit sur la forme ou le fond. Ce trop pouvant être dans la peinture elle-même et/ou dans son message. Epurer, aller à l’essentiel, ne point trop en dire, laisser le « regardeur se faire sa propre histoire »,
  • Celle de trouver « mon écriture ». Il me semble, lorsque je regarde mon travail, que je commence à m’en approcher, tout en sachant que c’est un chemin qui prendra fin avec celle de ma propre vie. En ce sens c’est une démarche spirituelle. Par ailleurs, le créateur peut-il être le mieux placé pour en parler ?  

« Je pense que la peinture est une dualité et que la peinture abstraite est une chose entièrement esthétique…elle ne s’occupe réellement que de la beauté de ses rythmes et de ses formes…voyez-vous, je pense que l’art rend compte ; je pense que c’est un reportage. Il n’y a dans l’art abstrait aucune tension » (Francis Bacon entretiens avec David Sylvester p 73/74).

Le reportage de l’être humain est mon sujet ou pour être plus précis : l’homme est mon sujet central. Le désir donne à voir. Je donne à voir mon désir. Toute peinture est engagée dans le sens où elle dit du social et qu’elle parle des autres dans leurs réalités. Peindre c’est parler de soi. Exposer, c’est s’exposer.

Patrick DANET

Réflexions sur mon travail


Où en suis-je ?  Où suis-je ? 

Ma conception de l’art est, j’en conviens, classique, traditionnelle dans le sens où l’art est à la fois une démarche spirituelle, un long chemin solitaire d’apprentissage. Je n’ai aucune estime pour l’art conceptuel, bien au contraire, il m’agace profondément. S’il m’irrite à ce point, on me retorquera qu’il a atteint son objectif. Ce côté « donneurs de leçons » m’indispose au plus haut point. L’artiste conceptuel serait attendu pour donner un sens au monde contemporain.

Il y a de l’artisan dans l’artiste. Apprendre à dessiner, à peindre, prend des heures de travail. Avant d’improviser en jazz, un musicien aura travaillé des heures et des heures pour se libérer de sa technique et pouvoir donner le maximum de lui-même. Il en est de même en peinture et en sculpture. Je suis révolté par la place donnée dans l’art contemporain à ces installations faites de deux trois merdes placées au centre d’une magnifique salle d’exposition, le tout accompagné d’un catalogue d’une centaine de pages vous expliquant de façon pédante que notre civilisation se dégrade. Quelle foutaise et quel sentiment d’une soi-disant supériorité dont l’artiste plasticien serait doté !!! Quelle qu’elle soit, la pratique artistique est un chemin difficile et solitaire qui suppose de l’apprentissage, du travail, des réussites, des échecs, de la recherche, de l’auto critique et de l’humour.  

Mes références vont des peintres de la Renaissance aux peintres contemporains, tels que Francis Bacon, Lucian Freud, Yue Minjun, Zeng Fanzhi, Paola Rego et plus largement celles et ceux de la nouvelle figuration, tels que Gérard Fromanger, Vélicovick ou Jacques Monory. Pour reprendre une citation de Yun Minjun, « j’aimerais que ma peinture mais également mes sculptures et modelages soient à la croisée de la comédie et du tragique ». J’ai également un grand respect pour la peinture de Gérard Garouste et pour l’homme qu’il est. Si mes références sont éclectiques, elles en commun de renvoyer à la peinture figurative, qu’elle soit comique ou tragique. 

La peinture est une mise en scène. L’émotion naît de la confrontation avec l’image que l’autre, l’artiste, a créée et le visage de l’autre, de cet autre qui me regarde. Un portrait est un roman à lui tout seul. Que me dit ce regard ? Que me dit ce corps ? Comment mettre en image cette émotion subtile qui vient m’habiter face à ce « celui-là », à ce moment précis où nos regards se croisent ? La peinture est le fruit de la transcendance, de la sublimation du rapport ému, empathique, désirant et tendre, bien plus complexe que la simple fascination de la beauté plastique de la jeunesse. 

En ce sens, mes portraits sont des icônes qui doivent cependant être vus avec un certain humour vis-à-vis d’une déification de la beauté de la jeunesse. 

Les limites où je me cogne encore et toujours  

« Comment capter la réalité ? Comment capturer l’apparence sans en faire une illustration ? C’est ça le grand combat et ce qui est passionnant quand on est un artiste figuratif aujourd’hui » (Francis Bacon extrait du documentaire L’énigme Francis Bacon). 

J’ai un rapport « fascination-répulsion » aux œuvres de Francis Bacon et de Vélicovick. Je suis admiratif de cette vérité des êtres qu’ils parviennent à mettre en scène, ce dépouillement, cette mise à nue, cette « corrida » humaine, ce dépeçage des corps m’impressionnent au plus haut point et génèrent simultanément un malaise insupportable. 

La force d’une toile repose-t-elle sur la violence qu’elle incarne, sachant qu’il est plus facile de bouleverser par le tragique que par le comique ? 

Leur travail me semble aller au noyau de l’humanité. Le côté sombre me fait peur autant qu’il m’attire. Il semble, dans leur travail, que toute humanité en soit exclue. Le travail de Garouste est tout aussi fou mais d’une folie dont je me sens plus proche. Dire des œuvres de Bacon et de Vélicovick qu’elles sont déshumanisées serait une profonde erreur, mais elles sont, me semble-t-il « sans pitié », sans le moindre compromis, alors qu’il y a place pour le pardon chez Garouste. Ce terme même de pardon mériterait à lui seul qu’on s’y arrête.

Peindre est un chemin de connaissance de soi. On peut se perdre sur un mètre carré. Quid du mythe de l’artiste maudit ? Il n’y a pas obligation à flirter avec la folie pour être un très bon peintre mais n’est-ce pas le prix à payer pour accoucher d’une peinture qui vous bouleverse, au sens propre comme au figuré, au plus profond de vous-même et au plus intime du regardeur ?

Où est-on plus libre que devant une toile vierge ?  Quel difficile équilibre, aussi fragile qu’une prise de vue, que la composition, que les couleurs, que les matières ! Mais quelle jouissance de chef d’orchestre et quel fantasme de toute puissance !

Comment faire une œuvre qui ne soit pas qu’une fade illustration, une gentillette image ? C’est le problème auquel je me confronte encore et toujours. Une peinture, à vouloir être séduisante, se stérilise. Faut-il nier qu’une peinture est aussi un objet décoratif ? Faut-il mettre son orgueil dans sa poche ? Où faut-il placer le curseur ?  

Il me semble que je me suis libéré ces derniers temps. De quoi ? Du retour gratifiant du regard des autres, même si j’aime montrer mon travail. Peindre est une activité solitaire et montrer son travail c’est rompre un peu avec cette solitude. Cela traduit aussi, indubitablement, un besoin de reconnaissance, or seul compte vraiment un regard auto-critique sur sa création. Ne pas douter, continuer son chemin, peindre encore et encore. C’est laborieux mais payant et jouissif. Pourquoi le nier ?

A propos de mon travail

J’ai véritablement commencé à peindre lors de mes études d’éducateur spécialisé. Nous devions choisir une activité éducative : théâtre, modelage ou peinture. J’ai eu la chance d’avoir un vrai peintre comme enseignant et je n’ai, depuis, jamais cessé de peindre ou de dessiner.

J’ai utilisé ces techniques dans le cadre de mon travail auprès d’enfants et d’adolescents en situation de handicap, ainsi qu’auprès de personnes malades du Sida dans le cadre de l’association Aides.

Après une formation en art-thérapie auprès de l’Hôpital Saint Anne à Paris et l’obtention d’une licence de psychologie, j’ai étudié les arts plastiques à l’Université Concordia de Montréal pendant une année.

J’ai suivi en 2004 une formation d’animateur d’atelier en arts plastiques auprès de l’Ecole Terre et Feu à Paris. C’est en 2000 que j’ai commencé la sculpture auprès de Gyslaine Vernaujoux. http://www.artiste-sculpteure.com/

Mon travail
J’aime pratiquer de front le dessin, la peinture, la sculpture et le modelage. Ces quatre approches se complètent.

Avant de peindre, je fais un dessin déjà très abouti. Il m’est d’ailleurs arrivé de regretter parfois d’être passé trop vite à la peinture avec le sentiment de le perdre et de m’y perdre. Mais l’envie de passer à la couleur est trop forte. Et puis j’aime ces moments proches de la de panique dans lesquels tu perds tes repères. C’est dans ces moments d’insécurité que peut émerger ce dépassement de soi et l’étincelle de poésie.

Sculpter est beaucoup plus physique. Il y a place pour une lutte contre la pierre que l’on frappe, que l’on ponce pour obtenir la forme voulue. Il faut en quelque sorte dompter la pierre pour aller à l’essentiel du message. C’est essentiel. Cette recherche d’une épure m’est utile dans mes dessins et mes peintures.

Je travaille à l’huile, ou à l’acrylique sur toile ou sur bois.Les dessins sont à la mine de plomb sur papier Vélin d’Arches. Les sculptures sont en calcaire, en pierre de Jaumont ou en albâtre. J’utilise volontairement différentes techniques en peintures. A la fois dans les supports (bois et toiles) et dans la gestuelle, à savoir un travail très spontané réalisé avec de grandes brosses ou, au contraire un travail très proche de celui du dessin, voire de l’affiche s’agissant des monochromes, par exemple.

Les portraits sont ma thématique préférée.Un visage est un roman potentiel, une invitation au voyage telle qu’un paysage pourrait l’être pour d’autres. Quelle histoire ce visage fait-il naître dans mon imagination ? L’être humain est toujours un grand mystère à la fois parce qu’il est proche et loin à la fois. Proche de ce que je suis et heureusement si différent. C’est cette diversité qu’il m’importe de mettre en scène, de même qu’il m’intéresse d’interroger les représentations liées au genre. Homme ou femme ? Qu’importe, j’ai alors plus de scénarios à ma disposition. Il faut déranger le regard du spectateur en jouant sur cette ambiguïté en m’appuyant sur un esthétisme à la frontière du kitsch parfois.

Les peintures et dessins sont tous de grands formats entre 60×60 cm ou 100×100 cm. L’objectif est, en s’appuyant sur ce grossissement, de « forcer » le regard du spectateur, de le décaler de la simple représentation d’un visage pour le « regardeur » et le modèle.

Patrick DANET

Source : A propos de Patrick Danet