Poésies

La gourmandise de ton sexe
Résonne à ton sourire
Le dessert de l’amour
A s’en lécher les doigts
Tu es beau
De cette certitude du plaisir
De ce visage qui me guide
Aux lieux de tes jouissances
Oh combien j’étais heureux
De ton amour si confiant

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Tu me reproches de trop te regarder
As-tu lu la tendresse de mes regards ?
Gorge-toi de ces regards
Comme on se gorge de soleil

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Faites que jamais ne se tarisse
L’envie de te manger les lèvres
Et de boire à ta bouche

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Je t’aime à fleur de pore
Je t’aime goulument
Je t’aime
Incestueusement
Entends-tu le tremblement de mes doigts ?
Je te déguste comme un gâteau sensuel

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Au dessert de l’amour
L’émotion sans parole

Comme des aveux
Te surprenant toi-même
J’ai vu tes yeux
Presque affolés
Au venir de ta jouissance
Comme un baiser prévenant

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Absence obsédante
Absence cruelle
Qui ne sait se nommer
Tant son chant est confus
Pourquoi cette incapacité
De l’amnésie paisible ?

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J’avais peur
Peur de la peur
Peur que cette mémoire là
Réapprenne à mon corps
A me trahir encore
Quand il hurlait à l’orphelin
Face à ton vide suffocant

Mon amour
Comme un soleil à tuer

J’ai entendu tout de suite
Ma peau qui appelait
A l’autre
J’ai su dès que j’ai su
Que je viendrai
Malgré ma peur

Je savais que plus tard
Tu jouirais comme un fruit
Sucré de soleil
Salé de mer
Le sexe effrontément sûr
De son plaisir à prendre

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Je t’ai aimé
Avec mes doigts castrés
Par une bougie
Censure

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J’ai des grains
Dans ma main
Mais je n’ai pas de poules
Dans ma main
J’ai des poules
Mais les grains
Dans ma main
Ce sont des grains de sable

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On lui avait dit qu’elles seraient éternelles
Ces neiges
Il y avait cru parce qu’il fallait y croire
Pour les aimer
Pour les aimer encore
Et pour les aimer mieux
A l’aurore des doutes
Ces matins là

On lui avait dit
Qu’elles seraient éternelles
Il se le disait
Il se le disait quand le printemps venait
Ces neiges qui fondaient
Il se le disait
Et il se l’était dit
Et il se le disait encore plus
Encore mieux

Peut-être est-ce parce qu’il se le disait
Qu’il n’a pas vu
Ses neiges qui partaient à l’eau

Tu n’auras que tes yeux pour pleurer
On lui avait promis qu’elles seraient éternelles
Il se l’était dit
Il avait essayé
Le mieux
Le meilleur
Et l’encore
Je me fous du printemps

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Tes yeux fermés
Ont la couleur
D’aurores
Endormies

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Quand ton corps endiablé
Me déride et m’éclate
Quand ta peau à ma peau
Fait ventouse
Quand ta chair me colle
Que ma chair t’étreint
Quand je te sens salé
Quand je goute d’eau
Je te découvre encore
J’embrasserai ta bouche
Qui s’ouvrira amende
J’écarquillerai tes yeux
De surprises constantes
De bonheurs effrénés
Je te gaieterai
Des joies d’émerveillements

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Apprendre peau à peau
Aux caresses partagées
Aux caresses interdites
Aux morales de douanes
Aux frontières contournées
Dans le noir
Pas vus
Pas pris
Sauf pour tes mains d’aveugle
Aux aventures palpables
Ma peau comme un passage
Quand on désire
On ouvre ses pores

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Je voudrais que jamais le désir du plus
N’altère le plaisir du moins
Je sais qu’il fait beau ailleurs
J’y suis allé
J’y vais encore parfois
J’irai je crois
T’ai-je dit ne pas savoir qu’il fait beau ici ?

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J’ai besoin que tu me rassures
Même si je sais que c’est idiot
J’ai envie d’entendre ces mots
Que tu m’aimes et que tu le jures
J’aimerais tant que tu me dises
Que sans moi les jours sont moins beaux
Que not’vie est une friandise
Et not’bonheur un vrai joyau

Je le sais c’est très puéril
On n’a pas le même dico
Parler pour toi c’est difficile
Et je pépie comme un moineau
Je pleure comme un vrai puceau
Qui patauge dans son mélo
En attente d’une voyelle, d’une consonne, d’un trémolo

J’aimerais que tu me désires
Que je te plaise plus que tout
Que mes fringues, tu les déchires
D’un désir avide de fou
J’ai le fantasme de la fusion
Je veux tout sans modération
Que tu me pousses jusqu’au délire
M’entraines dans ta confusion

Je suis pour la gémellité
Le double, la moitié d’orange
Le seul qui puisse me rassurer
Quand tout le reste devient étrange

J’ai besoin que tu me rassures
Même si je sais que c’est idiot
J’ai besoin d’entendre ces mots
Que tu m’aimes et que tu le jures
Même si je sais que c’est idiot

********

Rappelle moi parfois
Ces belles utopies
Qui tenaient lieu de foi
Et m’ancraient à la vie
Sature moi de bleu
Et de vert émeraude
Réchauffe moi de soleil
Parfume moi la vie
Comme ces belles utopies
Qui tenaient lieu de foi
Et m’ancraient à la vie
Nous sommes orphelins
Nus et face à nous même
Exhortés d’être « in »
Et super performant
Si t’es has been
C’est qu’es pas d’dans
Si t’es pas d’dans
T’es un raté

Si t’es raté
T’es pas liké
Tu n’sais plus trop
Où tu navigues
Ça fuit d’partout
Et c’est flippant
On est tellement
J’sais plus qui j’suis
Alors je me tatoue le derme
Pour être unique
Mieux qu’un code barre
Une œuvre d’art

********

La grâce m’a cloué
Le bec
Un souffle, rien qu’un souffle
Une unique harmonie
Le temps
Comme en apnée
Un souffle, rien qu’un souffle
Evidente beauté
Par d’autres partagée
Par d’autres reconnue
Un souffle rien qu’un souffle
Fulgurante beauté
Beauté du geste
Beauté de l’être
Beauté de l’émotion
Un souffle, rien qu’un souffle

********

Je te mangerais
Bien encore
J’ai faim de toi.

******


Le doré du couchant inonde la vallée
Le fleuve s’est arrêté
Le ciel à l’horizon
Est zébré de couleurs
Chaudes et froides
Bleu acier et rouge fusion
Le feu et l’eau

Le soleil s’endort
Quand les chauves-souris
Font une chorégraphie
Le jour s’en va
Mettre le temps sur pause
N’être plus qu’une éponge
N’être plus qu’une oreille
Une peau pour la brise
Des yeux pour la beauté

Spectateur sans voix
Faire taire les pensées

Le soir est un passage
La fin d’une journée
Les lumières s’allument
Quand le soleil s’éteint

Est-ce la vie qui se couche ?
Est-ce l’heure du bilan
De ces heures passées ?

Suis-je vrai ?
Ai-je été vrai ?

*******

Est-ce les souvenirs qui s’entassent
Qui rendent ma mémoire fugace
Est-ce la vitesse du temps
Qui va s’accélérant

Le temps me fuirait-il
Ou fuirais-je le temps ?
Comme on s’anesthésie
Pour que les journées glissent

Pour ne plus écouter
Pour ne plus regarder
Par peur du futur
Et honte du présent

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Il n’y a pas eu de berceau

Pas de sœur et pas de fréro

Pas de mimines dans ta paluche

Pas d’ours en p’luche

Il n’y a pas eu non  plus

L’angoisse des séparations

La maternelle, les colos

Et puis le studio

Et tchao !

R’filer mes gênes

Je m’en fichais royalement

J’voulais juste être « papa-maman »

Accompagner un p’tit bout d’chou

Les premières années de sa vie

Et le regarder s’envoler

Porteur de nous dans ses valises

Deux hommes ça ne fait pas d’enfant

Et pour te l’avouer franchement

J’avais peur qu’tu prennes dans les dents

T’as deux papas et pas d’maman

Belle école de la différence

Si ça n’se paie d’pas trop d’souffrances

Deux hommes ça ne fait pas d’enfant

Et il est trop tard maintenant

Mais ma sœur m’a fait trois neveux

Qui m’rendent heureux …heureux

Être tonton c’est du gâteau

Dont on t’offre les meilleurs morceaux

Pas d’corvées d’soupe et d’légumes verts

Avec tonton on peut tout faire

Bien sûr sans trop exagérer

Il ne s’agit pas d’être bouche bée

Ouvert à la complicité

Être un repère

A défaut d’être père

Tu les as tenu dans les bras

Et ce sont eux maintenant

Qui sont les grands.

Transmission

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Si les IPhone

Dev’naient aphones

Tu serais seul face à ton vide

Le ventre plein  de c’qui fait bien

Tout pour l’image

De pages en pages

Descend d’ta lune mon beau Pierrot

On n’sera pas tous des héros

La vie c’est pas que du 3D

Y a aussi la réalité

Qui t’colle au sol

Ça veut dire quoi s’réaliser ?

Ça veut dire quoi être soi ?

Descend d’ta lune mon beau Pierrot

On n’sera pas tous des héros

Comment faire pour se distinguer

Et suivre le troupeau sans broncher

A trop vouloir être liké

Tu vas finir par détester

Ton prochain

Comme toi même